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PETIT PAPA NOËL ...

Ccedil;A VA ?

 

Dans une boutique de vêtements. Deux bonnes copines qui font du shopping. Elles se retrouvent devant les cabines d’essayages, avec un tas de vêtements à essayer. Clémence essaie une robe. Clémence a la taille épaisse, quelques kilos en trop. Elle est boudinée dans cette robe, mais l’adore. Sa copine Sabrina attend qu’elle sorte …Le double de Sabrina est aussi sur scène. "Sbis" respire l'assurance et la franchise acide et ne s'adresse qu'à Sabrina, qui est la seule à pouvoir l'entendre , comme une petite voix intérieure.

 

Sabrina: ça va ? Si t’as besoin, tu me dis !

Clémence(off) : Oui, oui !

 

Un temps.

Clémence sort de la cabine.

 

Sbis:s'il te plaît dis-lui un truc sympa!

Sabrina :Wahou ! Elle est géniale !

Clémence :C’est vrai ? Tu trouves qu’elle me va bien ?

Sabrina: Comment te sens-tu dedans?

Sbisironique: t'as raison, gagne du temps!

Clémence :Ben.. Elle est chouette, elle me plaît, mais j’ai peur que ça fasse trop près du corps. T’en penses quoi ?

 

Clémence est boudinée dans cette robe, elle ressemble à un petit cochon.

 

Sabrina: Elle est pas mal. La coupe te met en valeur. Ça fait style années 50. Pin up. Les mecs vont adorer.

Sbis: C’est horrible on voit tes bourrelets ; on dirait Bibendum dans la robe de Jessica

Rabitt .

Clémence :Je fais quoi, alors ?

Sabrina: Prends-la ! Si elle te plaît !

Sbis: T'es majeure, tatouée et vaccinée, alors si elle te plaît... Clémence: Mais à toi, elle te plaît ? Tu la porterais, toi ? Sabrina: C’est pas mon style, mais à toi, si.

Sbis: Tu parles ! Une horreur pareil! Parfait si tu veux faire mère maquerelle!

Sabrina:Et puis, tu as raison, fais-toi plaisir, c’est ça qui compte ! Et puis, tu t’en fiches de ce que les gens peuvent penser ! L’important, c’est que tu sois à l’aise !

Sbis: Et puis, vas-y dépense ton fric, comme ça moi je dépense le mien par procuration. Bye bye le découvert !

Clémence: Alors je la prends.

 

Clémence retourne dans la cabine.

Réaction du double Sbis: rire ou grimace de dégoût, au choix. Jeux de lumières.

 

Noir

Variations sur le même thème....

Le récitant est sur scène. Il voit Sabrina chasser son double franc (avec ou sans parole)

 

 

©Rosapristina "Nos petites histoires..." 9/83


et veut réagir:

Le récitant:Ne vous gênez pas dites donc ? Sabrina se retourne et prend les choses en main : Sabrina:Tu laisses tomber, et tu regardes !

Le récitant encaisse, regard le public pour y trouver un soutien, et se met sur le côté.

Sabrina lance comme si elle était le metteur en scène.



Sabrina:On reprend la scène depuis le début!

 

Le double peut donc, un court instant , se placer devant Sabrina, comme si les deux jeunes femmes ne faisaient qu'une.

 

COMMENT TU ME TROUVES ? (= "ça va ", suite)

 

Même situation que précédemment, dans une boutique de vêtements.

 

Sabrina: ça va ? Si t’as besoin, tu me dis !

Clémence(off) : Oui, oui !

 

Un temps.

Clémence sort de la cabine.

 

Clémence: Alors ? qu’est-ce que tu en penses ? Elle est pas mal, non ? tu trouves qu’elle me va bien ?

 

Clémence est boudinée dans cette robe, elle ressemble à un petit cochon.

 

Sabrina:Comment te sens-tu dedans? Clémence:Mais toi, t'en dis quoi? Sabrina :Tu veux mon avis ?

Clémence :Ben oui, c’est pour ça que nous sommes là, ensemble.

Sabrina :D’accord. Alors je te donne mon avis.

Clémence: Oui….

 

Un temps.

 

Clémence :Mais tout compte fait, je ne sais pas si c’est bien que tu me le donnes. J’ai compris !

Sabrina: Compris quoi ?

Clémence: Cette robe ne me va pas, c’est ça ?

Sabrina :….

Clémence :Dis-le !

Sabrina:Ben, je ne sais pas si tu as pris la bonne taille.

Clémence:J'ai déjà pris du 42. Et il paraît que ça se porte près du corps. Sabrina:Ouais, mais bon, il y a des styles qui nous vont mieux que d'autres.... Clémence: Et pourquoi elle ne me va pas ?

Sabrina :Je n’ai pas l’habitude de te voir dans ce genre de vêtement...ça change.

 

 

©Rosapristina "Nos petites histoires..." 10/83


Clémence :Et pourquoi je n’aurais pas le droit de changer de style ? De faire plus femme ?

Sabrina :Si, mais..

Clémence :T’es jalouse, c’est ça ?

Sabrina: Non : écoute, nous n’allons pas nous fâcher, nous sommes parties pour passer un bon moment, pas pour nous disputer ! Moi je trouve qu’elle ne te va pas, c’est tout.

 

Clémence retourne dans la cabine. Dans l’échange qui suit, elle ne se voient pas et se parlent par cabine interposée.

 

Clémence(off) : Je la prends quand même, elle me plaît. Sabrina: Donc, tu n’as pas besoin de mon opinion en fait. Clémence(off) : Si! Et j'avais besoin d'entendre des mots gentils! Sabrina:J'essaie d'être honnête d'abord.

Clémence(off) :Oui, merci!... Mais je suis décidée !

Sabrina :En fait, tu me poses la question mais tu savais ce que tu voulais entendre..

Clémence(off) : Je la prends, c’est tout !

 

Elle sort de la cabine. Un temps.

 

Clémence:Quoi, tu trouvais qu’elle ne m'allait pas ?

Sabrina:Je trouve qu'elle ne te va pas. Point. C'est une question de goût.

Clémence:Et pourquoi?

Sabrina:Et pourquoi quoi ?

Clémence:Pourquoi tu dis qu'elle ne me va pas ! Sabrina:Parce que je trouve que ce n'est pas ton style. Clémence:Qu'est-ce que tu en sais, toi, de mon style?

Sabrina: Je ne connais peut-être pas ton style, mais je vois bien ce qui te met en valeur... ou non.

Clémence:Et toi tu trouves qu'elle ne me va pas cette robe.

Sabrina :Je ne vais pas te dire qu’elle te va alors qu’elle te moule ! On voit tout tes bourrelets , on dirait un rôti ! Elle te fait des fesses comme ça ! (geste) Tes seins sortent à moitié ! (geste) Ah ça, c’est sûr, elle fait ressortir ta féminité ! Mais je pensais que la féminité était autre chose que des seins et de fesses!

Clémence:Je ne te savais pas aussi vache!

Sabrina:Mais ce n'est pas être vache que de te dire ce que je pense. Excuse-moi ! Là, on dirait que tu vas tapiner !

Clémence:Il y a l'art et la manière de le dire aussi !

Sabrina:C'est vrai, et tu me demandes mon avis. Tu insistes bien. Tu es donc prête à entendre mon avis. Je te le donne donc comme un conseil, et je te le dis comme je le pense. Je trou-ve cet-te ro-be vul-gai-re ! Tu as plus de classe que ça, non ? Clémence :Je ne sais pas ce qui te bloque Sabrina.

Sabrina:Je trouve que la coupe ne te met pas en valeur, c'est tout.Après, c'est une question de goût.

Clémence :Oui, c'est une question de goût. Mais moi je n’ai aucun problème avec mes rondeurs ! Alors ça ne me gêne pas de les montrer !

Sabrina :Il fallait commencer par là… parce que je ne savais pas, moi!

 

Elles filent vers la caisse.

 

 

©Rosapristina "Nos petites histoires..." 11/83


Clémence :En tout cas, tu ne prends pas de pincettes, toi.

Sabrina :Si on ne peut pas maltraiter ses amis et leur dire la vérité, mais où va-t-on?

 

Elles sortent du salon d'essayage.

Le double Sbisde Sabrina peut revenir sur scène faire une mine de dégoût ou rire, au choix.

Noir.

 

Le récitant regarde autour de lui, pas de personnage récalcitrant en vue, OK, il peut continuer...

 

III.

LE COUP DE FIL

 

 

Le récitant:Un coup de fil nous interrompt toujours, même quand on ne fait rien... après il y a l'art et la manière de le dire...

 

Diviser la scène en deux: côté cour, Sophie, côté jardin, sa mère.

La mère est assise dans un gros fauteuil. Elle est au téléphone , elle raccroche et raye un nom inscrit sur une liste. Elle compose un nouveau numéro.

Sophie est affalée dans son canapé, à bouquiner, relax. Le téléphone sonne.Elle le laisse sonner, mais comme celui-ci insiste, elle se lève péniblement, et l'on voit que ça lui coûte, elle lit sur le combiné, c'est sa mère, elle hésite avant de décrocher, ce qu'elle fait pourtant

....

 

Sophie: Allo…

Mère: Bonjour Sophie !

Sophie: Bonjour Maman!

Mère: Je ne te dérange pas ?

 

Les répliques de Sophie sur le ménage doivent constraster outrageusement avec son oisiveté.

 

Sophie: Ben, j’étais en train de faire mon ménage, j’ai les mains pleines de produit !

Mère: Ah oui, le ménage !

Sophie: Oui.. et tu vois, avec tout le boulot que j’ai ce n’est pas évident de trouver du temps pour le ménage…

Mère: Oui, c'est vrai, mais il suffit de s’organiser !

Sophie: Oui : et là, ce matin, j’avais décidé de faire du ménage ! Tu vois, je m’organise ! Alors je ne vais pas pouvoir te parler !

Mère: Tu mets le haut-parleur et c’est bon !

Sophie:Je l'ai déjà mis!

Mère:Donc tu as les mains libres et tu peux continuer ton ménage.

Sophie: Oui...

Mère:(caustique) Tout en me parlant!

Sophie: ... mais c’est difficile . Mère:Ah, moi j'y arrive pourtant. Sophie:Mais je ne suis pas toi, moi...

Mère: Tu ne veux pas parler à ta mère ?

Sophie(soupire) : Si ! Mais pas maintenant !

Mère: Mais si tu as décroché le combiné, c’est que tu étais prête à prendre la conversation.

Sophie: Ecoute maman, je l’ai fait par automatisme. Ça ne me dérangeait pas du tout de t’avoir deux minutes pour un coucou..

Mère: Tu comptes les minutes, c’est ça ?

Sophie: Non maman, mais là tu avais l’air disposée à parler longtemps.

Mère: Prendre des nouvelles, oui ! On ne se voit plus !

Sophie: Oui, mais on a chacune notre vie. Tu sais bien que c’est toujours la course ! Mère :Justement, je prends les devants, comme ça, tu auras de nouvelles de nous. Sophie :Oui.

Mère: Et puis, tout est une question d’organisation. Tu peux bloquer un peu de temps dans ta semaine pour appeler.

Sophie: Bien sûr.

 

Mère: Organise-toi .

Sophie: Oui.

Mère:Je ne t'ai pas élevée comme ça ,Sophie.

Sophie:Non Maman, c'est sûr, tu ne m'as pas élevée comme ça, mais j'ai grandi. Je n'ai pas envie de prendre une heure comme d’habitude pour parler des soucis de santé de Papa, des ragots du quartier, bref, à me flinguer le moral !

Mère :Tu es égoïste Sophie !

Sophie: Non maman, mais tu me dis que je dois mieux m’organiser ! Toi tu ne bosses plus, alors tu crois que tout le monde est disponible quand tu téléphones !

Mère: Donc, je te dérange ?

Sophie: Oui. En aparté: et arrête de me poser cette question s’il te plaît.

Mère: D’accord, je rappelerai un autre jour, quand tu seras mieux lunée.

Sophie: C’est ça maman, un autre jour. Allez, il faut que je raccroche, là. Bisous maman.

 

Elle raccroche et va s’asseoir, avec son livre. Côté jardin, la mère raccroche son téléphone , raye un nom sur la liste et compose un autre numéro

 

Mère: Allo Antoine ? C’est maman !

 

VI.

PETIT PAPA NOËL ...

 

"L'imagination, ce n'est pas le mensonge " (D. Pennac , in Messieurs les enfants )

 

Salomé: Dis maman, il existe le Père Noël ?

Maman: Heu…. Pourquoi me poses-tu cette question ? Salomé: Inès à l’école, elle me dit qu’il n’existe pas. Maman; Et toi, qu’est-ce que tu en penses ?

Salomé: Ben, moi je crois qu’il existe !

Maman :Si tu crois qu'il existe, c'est bien...

 

Un temps. Salomé donne l'impression de ne pas avoir compris ce que sa mère voulait dire.

 

Salomé: Comment il fait le Père Noël pour entrer dans les maisons s’il n’a pas de clé ?

Maman :Je ne sais pas…il a des pouvoirs magiques et il passe à travers les murs, peut-

 

 

©Rosapristina "Nos petites histoires..." 27/83


être ?

Salomé: Il en a de la chance alors...

Maman:Oui...

Salomé:Et comment il fait le Père Noël pour distribuer autant de cadeaux à tous les enfants de la Terre en même temps ?

Maman :Heu…. Il reste sûrement très peu de temps dans chaque maison, il va très vite, tu sais !

Salomé: Wahou ! Et pourquoi il passe toujours quand on est pas là ? Quand on va se mettre en pyjama ? Il a peur de nous ou quoi ?

Maman :Non, mais comme il est très pressé, il ne peut pas rester dire bonjour à tous les enfants qu’il pourrait voir. Alors il préfère partir vite pour ne pas faire de jaloux.

Salomé:C'est dommage...

Maman:Oui...

Salomé: Et pourquoi il y a plein de faux Pères Noël dans les magasins ?

Maman: Pour faire des photos ou de la publicité.

Salomé: : Alors ils font semblant d'être le Père Noël pour faire joli?

Maman :C'est un peu ça...

Salomé: Et pourquoi il y a plein de jouets dans les magasins, quand ça va être Noël ?

Maman :Il y a des gens qui font des cadeaux….

Salomé :Mais ils sont bêtes les gens, ceux qui achètent des cadeaux, alors que le Père

Noël il en donne gratuitement !

Maman:Mais non , les gens ont envie de faire plaisir....

Salomé:Et comment il fait, il ne met jamais de saletés partout alors qu'il est passé par la cheminée ; il n'est jamais sale quand il descend de la cheminée?

Maman: Il a peut- être des pouvoirs pour enlever la saleté....

Salomé: Pas comme toi, alors...

Maman: Comment ça? Hé dis-donc Salomé!

Salomé:Mais c'est vrai, quoi! Toi tu dis toujours que tu n'arrêtes pas de faire le ménage, et pourtant c'est toujours le bazar à la maison!

Maman:Si vous y mettiez du vôtre, toi et ton frère, ce serait plus facile!

Salomé:D'abord, toi, t'as pas de pouvoirs magiques.

Maman:Hélas, non.

Un temps

 

Salomé:Et puis pourquoi il a une barbe? Maman:Et pourquoi tu as les cheveux longs? Salomé:Parce que je suis une fille et que j'aime ça.

Maman:Eh bien le Père Noël, il a une barbe parce qu'il aime bien. Et ça lui tient chaud en hiver.

 

Un temps

 

Salomé:Mais pourquoi il met du rouge s'il ne veut pas qu'on le voie? C'est voyant, le rouge.

Maman:Mais c'est son costume qui est comme ça.

Salomé:Mais pourquoi il ne met pas une tenue de camouflage alors?

Maman:Mais il ne fait pas la guerre Salomé!

Salomé:Il y a plein de personnes qui mettent du camouflage sans faire la guerre.

Maman:Il doit trouver le rouge plus joli!

Salomé:Il est bizarre alors....

 

 

©Rosapristina "Nos petites histoires..." 28/83


Maman:Mais ce n'est pas bizarre, c'est comme ça !

 

La mère , qui en a marre de toutes ces questions, est sur le point de partir.

 

Salomé: Et alors, il fait plusieurs voyages, c'est ça?

Maman:Oui.

Salomé: Parce que son traîneau est trop petit et qu'il ne peut pas mettre tous les jouets du monde...

Maman:Voilà, c'est ça...

Salomé: C'est compliqué, d'être Père Noël...

 

La mère veut sortir.

 

Salomé: Maman?

Maman:Oui Salomé?

Salomé: Il existe le Père Noël ?

Maman:On vient d'en parler Salomé ! Réfléchis un peu. Si tu veux y croire, alors il existe. Et il viendra t'apporter des cadeaux.

Salomé: C'est pas vrai.

Maman:(surprise) Comment ça, c'est pas vrai ?

Salomé:Avec le Père Noël... tu me racontes des histoires ....Tu sais quand même comment les cadeaux viennent à la maison, non?

Maman:Heu....oui Salomé.

Salomé:C'est toi et Papa qui les ramenez ?

Maman:Tu n'y crois plus ?

Salomé:Ça n'a rien à voir ! Je réfléchis ! C'est qu'il y a plein de choses bizarres. Et puis il y a des gens qui n'y croient pas.... Inès elle m'a dit qu'il n'existait pas.

Maman:Et toi tu la croies ?

Salomé:C'est vrai que c'est bizarre ...

Maman:Ce n'est pas bizarre, c'est la féerie de Noël.

Salomé:En même temps j'ai peur que si ne j'y crois plus, il ne vienne plus me voir le Père

Noël.

Maman:Salomé, quand on veut croire en quelque chose, c'est qu'on est prêt à accepter même ce qui nous semble étrange.. On aime bien être trompé, comme avec un tour de magie. On sait qu'il y a un truc, mais on fait comme si on ne le voyait pas, pour croire encore à la magie.

Salomé:Et c'est pareil avec le Père Noël ?

Maman:Oui.

 

La scène peut se poursuivre sur la réplique de Salomé "Il existe le père Noël?"

La lumière diminue progressivement.... Noir.

VIII.

LE GROUPE

 

Une salle de réunion. Christian, le coach est debout près du paperboard, Patrick et Michel sont assis. Entre Fabienne.

 

Christian:Salut Fabienne comment ça va ?

Fabienne(à l'assemblée): Je vous préviens, j'ai passé une journée pourrie, je suis crevée !

 

Un temps. Tout le monde se regarde, perplexe. Fabienne s'assied.

 

Patrick:D'accord...

Michel:Super...

Christian:Mais maintenant tu es là, avec nous.

Fabienne: J'voulais pas venir, mais je suis quand même venue. Michel:En gros, on devrait de féliciter d'avoir fait l'effort de venir ! Christian:ça te coûte tant que ça ?

Fabienne: En ce moment, oui ! Mais je suis là ! Et je vous préviens, je n'ai pas bossé.

 

Elle pose son sac sur la table et sort quelques affaires.

 

Patrick:Tu dis ça, mais je suis sûr que tu sais ce que tu dois faire.

Christian:Tu vas y arriver.

Fabienne: Non, je ne crois pas, je n'ai pas bossé.

Michel:Merci pour nous.

 

 

Christian:Si tu y mets autant de bonne volonté aujourd'hui, ce n'est pas la peine de venir.

Fabienne: Mais je veux venir !

Patrick:Ce n'est pas ce que tu as dit tout à l'heure !

Fabienne: Non, j'étais pas trop motivée, mais maintenant ça va.

Michel:Alors tais-toi !

Christian:Je sais qu'on peut être maladroit des fois, mais quand c'est répété toutes les semaines, ça gonfle!

Fabienne: C'est dit très gentiment, ça fait plaisir !

Christian:Qu'est-ce que tu veux que je te dise? "Désolée pour toi ma pauvre chérie, on va essayer de ne pas trop te déranger." On va bosser pendant que tu te morfonds alors. Fabienne:Tu te moques de moi en plus!

Christian:Non. Je dis juste ce que je pense. Tu arrives en faisant la gueule, en nous disant que tu es fatiguée et qu'en plus tu n'as pas bossé ! Super pour motiver le groupe! Fabienne(se lève) : Je ne suis pas venue pour me faire engueuler, c'est bon ! C'est déjà bien que je sois là ! Si t'es pas content, c'est pareil !

 

Elle sort. Marie-Hélène rentre

 

Marie-Hélène :Dites donc, elle a l'air furax Fabienne ! Qu'est-ce qui se passe?

Patrick:Rien. Elle fait la gueule, comme d'hab'.

Marie-Hélène :Encore! Qu'est-ce qu'elle a cette fois ?

Michel:Rien, toujours un pet de travers.

Christian:J'en ai ras-le bol de ces gens qui arrivent en cours en tirant des tronches de quinze kilomètres de long. Tu ne les forces pas à venir, ils se sont inscrits tous seuls, non? alors qu'ils assument maintenant !

Marie-Hélène :T'es sévère Christian.

Christian:Attends, elle est toujours comme ça, à geindre!

Patrick:On se demande ce qu'elle vient faire ici.

Michel:La même chose que nous apparemment.

Patrick:Ouais, ben ça craint, alors. Qu'elle apprenne à vivre en société.

 

Marie -Hélène s'assied.

 

Marie-Hélène :Ça n'a rien à voir ! Tu as en face de toi des êtres humains, pas des robots! Patrick:D'accord. Mais ça n'empêche pas qu'il faut prendre un peu sur soi. Pas vrai Christian ?

Christian:C'est vrai que si tout le monde arrive en faisant la tronche, ça va démotiver le groupe.

Michel:Voilà! Il faut se faire violence et laisser sa petite personne de côté.

Christian:C'est ce qu'on appelle "s'adapter dans un groupe".

Patrick:C'est trop compliqué pour elle, on dirait.

Michel:Attends, ce n'est pas compliqué, tu viens, tu fermes ta gueule et tu bosses.

Marie-Hélène :On n'est pas des machines! Et puis, c'est normal d'avoir des états d'âme! Christian:Quand on est un groupe, il faut penser "collectif", pas "individu". Le collectif passe avant l'individu.

Patrick:Oui, mais ta matière première, c'est l'individu, donc il faut le préserver. Michel:Tu tâches de faire bonne figure, pour laisser passer le positif, et ne pas transmettre le négatif.

Patrick:Celui qui à peine entré balance ses problèmes, commence à s'excuser et te dit qu'il a fait des efforts pour venir! Tu as envie de lui dire "si ça t'a coûté autant, t'avais qu'à

pas venir!"

 

Fabienne revient.

 

Fabienne: En attendant, moi je suis prête! Pendant que vous bavardiez, j'ai tout installé dans la salle !

Christian:Tu pouvais nous appeler !

Fabienne: Non, c'est bon, c'est trop tard.

Patrick:Merci Fabienne , mais on t'aurait aidé ...

Fabienne: Quand ?

Patrick:Tout de suite.

Fabienne: Après votre discussion c'est ça ?

Christian:On parlait de ta manière d'arriver en formation.

Fabienne: Je sais, j'ai tout entendu.

Michel:C'est bien.

Christian:Et tu t'es entendue ? Le sacrifice ne paie pas! Alors arrête de me coller ce que tu penses être une dette envers toi!

 

Fabienne sort.

 

Michel:Elle en tient une couche !

Christian:Et maintenant au travail !

Patrick:Ça va être super, de bosser dans une telle ambiance.

Christian:On fera avec.

Patrick:Ou plutôt sans.

Marie-Hélène:Elle a sûrement des problèmes....

Christian:On en a tous !

Patrick:Aujourd'hui on a peut-être été moins patient que d'habitude. Michel:C'est bon, ça fait déjà un mois qu'elle nous fait le coup! Christian:Il fallait que ça sorte !

Marie-Hélène:Il y a l'art et la manière de le dire.

Michel:(ironique) Tu as en face de toi des êtres humains, pas des robots .

Patrick:S'il faut toujours faire attention à ce qu'on dit, on n'a pas fini.

Marie-Hélène:Mais c'est normal en société. Tu imagines les drames si tout le monde disait ce qu'il pensait ?

Michel:Des fois c'est mieux.

Marie-Hélène:Je ne suis pas sûre.

Michel:Attends, si tu dois prendre des pincettes à chaque fois, tu n'as pas fini. C'est aussi aux autres de gérer leurs émotions.

Marie-Hélène:Il y en a qui y arrivent mieux que d'autres. Tu peux aussi en subir les conséquences. Je veux dire par là que si la personne se vexe, elle t'en fait voir de toutes les couleurs , et tu es mal barré !

Michel:Eh bien ça donnera l'occasion de s'amuser !

Marie-Hélène:Et ainsi le moindre mot dit de travers se termine en pugilat.

Christian:Tu veux dire "compris de travers", parce qu'entre ce que je dis et ce que l'autre comprend, il y a tout un monde !

Patrick:C'est pour ça que ce n'est pas la peine de se prendre la tête, puisqu'on n'est pas sûr d'être compris à 100 %.

Marie-Hélène:Justement ! Alors ce n'est pas la peine de tout dire franco, avec le risque de blesser l'autre! Il s'agit de lisser nos différences, nos convictions, et entrer dans le moule, s'adapter. C'est l'intérêt des relations humaines.

 

Un temps.

 

Michel:Toi, par exemple, Christian, tu dis toujours franco ce que tu penses ? Patrick:Tu parles. Mieux vaut être honnête que de faire plaisir aux gens. Christian:Je suis honnête !

Michel:Donc tu dis ce que tu penses.

Christian:Oui.

Michel:Quand les gens sont vraiment mauvais ? Tu le dis ?

Patrick:Ben oui! Sinon comment veux-tu qu'ils s'améliorent s'il ne leur dit pas?

Marie-Hélène:C'est délicat, quand même.

Michel:Tu parles d'encouragements, toi : on te dit que tu es nul ! Patrick:Tu nous dis toujours ce que tu penses, hein, Christian ? Christian:Oui.

Michel:Ça t'arrive de nous dire que nous sommes bons, même si tu ne le penses pas ?

Christian:...

Patrick:Tu fais comment pour encourager les gens, alors? S'ils pensent toujours être bons, ça ne va pas les pousser à s'améliorer, ils vont s'endormir sur leurs lauriers. Marie-Hélène:En tout cas, je ne viens pas ici pour me faire casser, je viens pour apprendre et me faire plaisir.

Christian:En tant que formateur, je me dois de vous tirer vers le haut et de vous dire ce qui ne va pas.

Patrick:Donc tu nous dis où ça coince.

Christian:Oui, comme tout à l'heure, avec Fabienne.

Marie-Hélène:Ça dépend surtout comment tu le dis.

Michel:Et alors, lui aussi il a le droit d'avoir des états d'âme!

Marie-Hélène:Non, c'est le prof !

Patrick:Et alors, c'est aussi un être humain! (à Marie- Hélène) Toi qui disais qu'on n'était pas des robots !

Christian:Et merde ! Vous n'aller pas vous prendre la tête! Fabienne, sa réaction lui appartient! Tant pis si elle le prend mal et si elle est susceptible ! Je vais la chercher, sortez votre rapport. Au travail!

 

Christian sort. Un temps.

 

Marie-Hélène:Je ne suis pas d'accord. Quand tu gères un groupe, tu es responsable de ce qu'il pense.

Patrick:Oui mais tu es surtout responsable du résultat ! Alors tous les moyens sont bons pour atteindre son but.

Marie-Hélène:Même celui de briser une personne ?

Patrick:Briser... tu vas un peu fort; je veux plutôt dire tirer la sonnette d'alarme quand il faut pour pousser les gens à s'améliorer.

Marie-Hélène:Sauf qu'il ya des paroles qui blessent plus que d'autres.

Michel:Ce ne sont que des paroles...

Michel se coule dans son fauteuil, relax.

Marie-Hélène:Dire ce qu'on pense peut être vécu comme une forme d'agression. Parfois la vérité n'apporte rien ! On s'en passe beaucoup plus souvent qu'on ne le pense !

Michel:Toi peut-être, quand on te dit que c'était bien et qu'en fait tu étais nulle !

Marie-Hélène:Qui dit ça ?

 

Un temps.

 

Marie-Hélène:Qui, Christian ?

 

Les deux hommes ne disent rien, mais se regardent d'un air navré.

 

Marie-Hélène:Il dit des conneries, Christian?

Patrick:Pourquoi tu demandes ça ?

Marie-Hélène:C'est vrai que j'étais nulle ?

 

Les répliques des deux hommes doivent être synchrones.

 

Michel:Mais non .... Patrick:Mais oui.... Marie-Hélène:T'es sûr ? Michel:Mais oui.... Patrick:Mais non ....

Michel:(sarcastique) Tu sais bien, c'est l'intérêt des relations humaines...

 

Christian revient, visiblement énervé !

Patrick:Et Fabienne ?

Christian:Elle boude.

 

Michel soupire. Marie - Hélène semble sur la défensive. Un temps de flottement.

 

Christian:Bon alors, on reprend...

 

Christian sort ses affaires, et s'apprête à écrire au tableau quand Michel se lève.

 

Michel:(En regardant Marie-Hélène)Tu parles d'un intérêt ! J'suis pas maso, moi, elle va se calmer la Fabienne, oui !

 

Michel sort. Les autres le suivent du regard

 

Marie-Hélène:Qu'est-ce qu'il fait ?

Patrick:Il va apprendre à Fabienne à mieux gérer ses émotions, je pense.

Marie-Hélène:Il ne va faire qu'envenimer la situation !

Patrick:Mais non !

Marie-Hélène:Mais si !

Christian se lève et se dirige vers la sortie. Christian:Fabienne est une grande fille ! Il sort.

En off, on entend Christian s'adresser à Michel :

 

Christian:Laisse-la Michel, elle reviendra quand elle sera calmée !

 

Patrick:Et puis on se marre, nous!

 

Jeu de regards entre Patrick et Marie-Hélène.

 

Marie-Hélène:Tu parles. C'est idiot.

Patrick:Mais non.

 

Fabienne, Christian, et Michel reviennent et vont s'asseoir, tous disposés à travailler.

 

Patrick:Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si on se disait toujours la vérité !

 

Jeu de regards entre tous. Noir.

 

XII.


Date: 2015-12-11; view: 599


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