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La sculpture

La sculpture romane s’épanouit dans une iconographie mêlant mystique et onirisme, pédagogie et imaginaire. La vision des animaux étranges (dragons, griffons) qui l’envahit s’inspire de l’Orient et du folklore européen. Très intimement liée à l’architecture, la sculpture se développe essentiellement sur des éléments structurels du bâtiment. Qu’elle décore les chapiteaux dans les cryptes, ou agrémente les cloîtres et les églises, la sculpture romane cultive l’horreur du vide, c’est à dire l’adéquation des scènes représentées aux contraintes du support, également appelée la loi du cadre. Elle privilégie aussi la transmission des savoirs grâce au symbolisme des sujets, ou aux parallèles entre l’ancien et le nouveau testament.

À la fin du XIe siècle, le décor sculpté prend place sur la façade des églises, à la manière des arcs de triomphe antiques, et marque symboliquement le passage du monde profane à l’enceinte sacrée. Chef d’œuvre de l’art roman, la basilique Saint-Sernin de Toulouse (classée au patrimoine mondial de l’UNESCO) conserve un remarquable ensemble de chapiteaux historiés.

Les foyers les plus importants de l’art roman rayonnent à partir de Cluny (Bourgogne, Auvergne, jusqu’à Compostelle en Espagne) ou depuis la Provence (Arles, Saint-Gilles-du-Gard). En Italie, les artistes romans tirent les leçons de l’Antiquité qu’ils connaissent bien grâce à la proximité des sites antiques et à la possibilité d’admirer les pièces de fouilles. Ils développent leur propre style figuré, en sculpture comme en peinture. S’affranchissant petit à petit des modèles byzantins et de leurs canons hiératiques, ils puisent directement à la source antique, créant ainsi les ferments d’une renaissance artistique.

La peinture ornementale : entre classicisme et imaginaire

Le succès de la peinture romane est attesté par la multiplicité des vestiges conservés. Les fresques des cryptes de l’église de Saint-Germain à Auxerre, inspirées par l’art paléochrétien, en sont un remarquable témoignage. Les domaines de la fresque, du vitrail et des arts précieux sont également particulièrement riches. Les artisans s’inspirent de l’Antiquité et de la renaissance carolingienne, mais aussi de l’Orient et des traditions barbares. L’enluminure est le terrain fertile de cette créativité nouvelle. Quelle que soit la technique adoptée, on perçoit un sens du réalisme et du naturalisme, notamment dans l’attention portée au détail. Les sujets, très souvent inspirés de manuscrits (comme Moralia in Job de Cîteaux, exécuté en 1100), sont souvent agrémentés de références tantôt quotidiennes, tantôt fabuleuses. Parallèlement, les grands thèmes iconographiques sacrés comme le Jugement dernier, la Pentecôte et l’Apocalypse, se développent sur les façades des édifices romans.



Les murs sont décorés non seulement par des fresques, mais également par des tapisseries. L’une des plus célèbres de l’art roman est la tapisserie dite de Bayeux (classée « mémoire du Monde » par l’UNESCO), broderie de soixante-dix mètres de long, réalisée au XIe siècle, qui relate la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, en 1066. Elle était conservée dans la cathédrale de Bayeux. On peut aujourd’hui l’admirer au musée de la Tapisserie de cette même ville.

En Italie, et dans le Saint Empire romain germanique, la peinture romane, comme la sculpture avant elle, se caractérise par un certain classicisme. Ce style mesuré se retrouve dans les célèbres peintures de la Bible de Floreffe (Londres, British Library) et de l’Évangéliaire d’Averbode (Liège, bibliothèque de l’Université). Il se développe particulièrement en Italie du Nord, notamment au cours des différentes étapes des portes de bronze de Saint-Zénon à Vérone. Simultanément, l’abbaye de Cîteaux connaît un style marqué par davantage de spontanéité et d’exubérance.

L’épanouissement des arts précieux

L’essor de l’émaillerie marque, vers 1100, la France méridionale. L’autel d’albâtre du trésor de Conques en est un des exemples les plus célèbres. Il est pourvu d’une large bordure de cuivre doré où sont fixés des médaillons, avec un décor développant tout un bestiaire fantastique.

En raison de leur éclat et de leurs couleurs, les émaux, qui se prêtent aussi bien à l’ornementation qu’à la narration, connaissent alors un extraordinaire succès. Les plaques (exécutées vers 1189-1190) qui proviennent de l’autel de Gramont, tout près de Limoges, constituent un des premiers chefs-d’œuvre de l’émaillerie.

L’art roman domine l’Occident pendant presque deux siècles. Son exceptionnelle richesse créatrice fascine et étonne encore aujourd’hui.

 


Date: 2015-01-29; view: 379


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