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TABLE DES SÉANCES 19 page

 

C'est sur ce point que nous reprendrons…

puisqu'il est déjà deux heures moins le quart

…après les vacances. Je reprendrai le 7 Janvier puisque je n'ai pas pu aujourd'hui avancer les choses plus loin.

 

Vous verrez comment sur ce petit(a) que nous allons enfin avoir l'occasion de le préciser dans son essence, dans sa fonction, à savoir la nature essentielle de l'objet humain en tant que, comme je vous l'ai déjà longuement amorcé dans les séminaires précédents,

il est foncièrement marqué, comme tout objet humain, d'une structure narcissique, de ce rapport profond avec l'Éros narcissique.

 

Comment cet objet humain en tant que marqué de ceci se trouve, dans la structure la plus générale du fantasme, recevoir normalement le plus essentiel des Ansätze du sujet, à savoir ni plus ni moins son affect en présence du désir, cette crainte, cette immanence dans laquelle je vous désignais tout à l'heure ce qui retient par essence le sujet au bord de son désir.

 

Toute la nature du fantasme est de la transférer

à l'objet.

 

Ceci nous le verrons en étudiant, en reprenant

un certain nombre des fantasmes qui sont ceux dont nous avons jusqu'ici développé la dialectique,

et ne serait-ce qu'à partir d'un, fondamental,

parce qu'un des premiers découverts, ce fantasme

On bat un enfant [34], où vous en verrez les traits les plus essentiels, de ce transfert de l'affect du sujet

en présence de son désir, sur son objet en tant

que narcissique.

 

Inversement ce que devient le sujet, le point où

il se structure, pourquoi il se structure

comme moi et Idéal du moi, ceci ne pourra justement,

en fin de compte vous être livré…

à savoir par vous être aperçu dans sa

nécessité structurale absolument rigoureuse

…que comme étant le retour, le renvoi de cette délégation que le sujet a faite de son affect

à cet objet, à ce (a) dont nous n'avons jamais encore véritablement parlé, comme étant son renvoi.

 

Je veux dire comment nécessairement il doit lui-même se poser non pas en tant que (a), mais en tant

qu'image de a, image de l'autre, ce qui est une seule et même chose avec le moi, cette image de l'autre étant marquée de cet indice, d'un grand I, d'un Idéal du moi en tant qu'il est lui-même l'héritier d'un rapport premier du sujet non pas avec son désir, mais avec le désir de sa mère, l'Idéal prenant la place de ce qui, chez le sujet a été éprouvé comme l'effet d'un enfant désiré.

 

Cette nécessité, ce développement est ce par quoi il vient s'inscrire dans une certaine trace, formation de l'algorithme que je peux déjà inscrire au tableau pour vous l'annoncer pour la prochaine fois :



 

i(a)I àa (S)

 

Dans un certain rapport avec l'autre, pour autant qu'il est affecté d'un autre, c'est-à-dire du sujet lui-même en tant qu'il est affecté par son désir. Ceci, nous le verrons la prochaine fois.


 

07 Janvier 1959 Table des séances

 

 


Il y a une distinction à laquelle cette expérience nous confronte, entre :

 

ce que chez le sujet nous devons appeler le désir,

et la fonction dans la constitution de ce désir, dans la manifestation de ce désir, dans les contradictions qui au cours des traitements éclatent entre le discours du sujet et son comportement,

 

distinction dis-je – essentielle - entre le désir et la demande.

 

S'il y a quelque chose que, non seulement les données d'origine : le discours freudien, mais précisément tout le développement du discours freudien, tient dans la suite, à savoir les contradictions qui vont éclater, c'est bien dû au carac­tère problématique qu'y joue la demande.

 

Puisque en fin de compte tout ce vers quoi s'est dirigé le développement de l'analyse depuis FREUD,

a été de plus en plus de mettre l'importance sur ce qui a été appelé diversement et qui en fin de compte converge vers une notion générale de névrose de dépendance.

 

C'est-à­-dire que ce qui a été caché, ce qui est voilé derrière cette formule, c'est bien l'accent mis

par une sorte de convergence de la théorie et de ses glissements, et de ses échecs de la pratique aussi, c'est-à-dire d'une certaine conception concer­nant

la réduction qui est à obtenir par la thérapeutique.

 

C'est bien ce qui est caché derrière la notion

de névrose de dépendance.

Le fait fondamental de la demande avec ses effets imprimants, comprimants, oppri­mants sur le sujet,

qui est là et dont il s'agit justement de chercher

si à l'endroit de cette fonction…

que nous révélons comme formatrice,

selon la formation de la genèse du sujet

…nous adoptons l'attitude correcte, je veux dire celle qui en fin de compte va être justifiée,

à savoir l'élucidation d'une part et la levée,

du même coup, du symptôme.

 

Il est en effet clair que :

 

- si le symptôme n'est pas simplement quelque chose que nous devons considérer comme le legs

d'une sorte de soustraction, de suspension qui s'appelle frustration,

 

- si cela n'est pas simplement une sorte de déformation du sujet, de quelque façon qu'on l'envi­sage, sous l'effet de quelque chose qui se dose en fonction d'un certain rapport au réel :

comme je l'ai dit une frustration imaginaire c'est toujours à quelque chose de réel qu'elle se rapporte,

 

- si ce n'est pas cela, si entre ce que nous découvrons effectivement dans l'analyse comme ses suites, ses séquences, ses effets, voire ses effets durables, ces impressions de frustration et le symptôme, il y a quelque chose d'autre, d'une dialectique infiniment plus complexe, et qui s'appelle le désir,

 

- si le désir est quelque chose qui ne peut se saisir et se com­prendre qu’au nœud le plus étroit, non pas de quelques impressions laissées par le réel, mais au point le plus étroit où se nouent ensemble pour l'homme, réel, imaginaire et son sens symbolique, ce qui est précisément ce que j'ai essayé de démontrer.

 

- Et c'est ce pourquoi le rapport du désir au fantasme s'exprime ici dans ce champ intermédiaire entre les deux lignes structurales de toute énoncia­tion signifiante :

 

- Si le désir est bien là,

 

- si c'est de là que partent les phénomènes disons méta­phoriques, c'est-à-dire l'interférence du signifiant refoulé sur un signifiant patent qui constitue le symptôme,

 

…alors, il est clair que c'est tout manquer

que de ne pas chercher à structurer, à organiser, à situer la place du désir.

 

Ceci, nous avons commencé de le faire cette année

en pre­nant un rêve sur lequel je me suis long­temps arrêté, rêve singulier, rêve que FREUD se trouve avoir à deux reprises mis en valeur…

je veux dire avoir intégré secondairement à la Traumdeutung après lui avoir donné une place particu­lière tout à fait utile dans l'article Les Deux Principes de l'événement psychique, le désir et le principe de réalité, article publié en 1911

…ce rêve est celui de l'apparition du père mort.

 

Nous avons essayé d'en situer les éléments sur la chaîne double telle que j'en ai montré la distinction structurale, dans ce qu'on peut appeler le graphe,

de l'inscription du sujet biologique élémentaire,

du sujet du besoin dans les défilés de la demande, et longuement articulé.

 

J'ai posé pour vous comment nous devions considérer cette articulation fondamentalement double :

pour autant qu'elle n'est jamais demande de quelque chose, pour autant qu'à l'arrière fond de toute demande précise, de toute demande de satisfaction, le fait même du langage, en symbolisant l'autre…

l'autre comme présence et comme absence

…comme pouvant être le sujet du don d'amour

qu'il donne par sa présence et rien que par sa présence

je veux dire en tant qu'il ne donne rien d'autre …c'est-à-dire en tant :

- précisément ce qu'il donne est au-delà de tout ce qu'il peut donner,

- que ce qu'il donne est justement ce rien qui est tout de la détermination présence-absence.

 

Nous avons articulé ce rêve en rejetant de façon didactique sur cette duplicité des signes, quelque chose qui nous permet de saisir dans la structure du rêve, le rapport qui est établi par cette production fantasmatique dont FREUD a tenté d'élucider

la structure tout au long de sa vie…

magistralement dans la Traumdeu­tung

…et nous essayons d'en voir la fonction pour ce fils en deuil d'un père sans aucun doute aimé, veillé jusqu'à la fin de son agonie, qu'il fait ressurgir dans des conditions que le rêve articule avec une simplicité exemplaire :

c'est-à-dire que ce père apparaît comme il était

de son vivant, qu'il parle, et que le fils devant lui, muet, poigné, étreint, saisi par la douleur, la douleur - dit-il - de penser que : « son père était mort et qu'il ne le savait pas ».

 

FREUD nous dit, il faut compléter : « qu'il était mort, selon son vœu ».

 

Il ne savait pas – quoi ? - : que c'était « selon son vœu ».

Tout est là donc, et si nous essayons d'entrer de plus près dans ce qui est la construction,

la structure de ce rêve, nous remarquons ceci :

c'est que le sujet se confronte avec une certaine image et dans certaines conditions.

 

Je dirais qu'entre ce qui est assumé dans le rêve par le sujet et cette image à quoi il se confronte, une distribution, une répartition s'établit qui va nous montrer l'essence du phénomène.

 

Déjà nous avions essayé de l'articuler, de la cerner si je puis dire, en répartis­sant sur l'échelle signifiante les thèmes signifiants caractéristiques.

 

 

 

Sur la ligne supérieure le « il ne le savait pas », référence essentiellement subjective dans son essence, qui va au fond de la structure du sujet :

« il ne savait pas » comme tel, ne concerne rien de factuel.

C'est quelque chose qui implique la profondeur,

la dimension du sujet…

et nous savons qu'ici elle est ambiguë

…c'est-à-dire que ce qu'il ne savait pas, nous allons le voir, n'est pas seulement et purement attribuable

à celui auquel il est appliqué…

paradoxalement, absurdement, d'une façon qui résonne contradictoire et même d'une façon de non-sens

…à celui qui est mort, mais résonne aussi bien

dans le sujet qui participe de cette ignorance.

 

Précisément ce quelque chose est essentiel.

 

En outre voici comment le sujet se pose dans

la suspension si je puis dire de l'articulation onirique.

 

Lui, le sujet tel qu'il se pose, tel qu'il s'assume sait…

si l'on peut dire, puisque l'autre ne sait pas

…la position de l'autre « subjective ».

 

Et ici « l'être en défaut » si l'on peut dire, qu'il soit mort bien sûr, c'est là un énoncé qui en fin de compte ne saurait l'atteindre :

toute expression symbolique telle que celle-ci : de « l’être mort », le fait subsister, en fin de compte le conserve.

 

C'est précisément bien le paradoxe de cette position symbolique, c'est qu'il n'y a « pas d'être » à « l'être », d'affirmation de « l’être mort », qui d'une certaine façon ne l'immor­talise.

Et c'est bien de cela qu'il s’agit ans le rêve.

 

Mais cette « position subjective » de « l'être en défaut »,

cette moins-value subjective, ne vise pas qu'il soit mort, elle vise essentiellement ceci :

qu'il est celui qui ne le sait pas.

 

C'est ainsi que le sujet se situe en face de l'autre, aussi bien cette sorte de protection exercée à l'égard de l'autre…

qui fait que non seulement il ne sait pas, mais qu'à

la limite, je dirais qu'il ne faut pas le lui dire

…est quelque chose qui se trouve toujours plus ou moins à la racine de toute communication entre les êtres, ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas lui faire savoir.

 

Voilà quelque chose dont vous devez tou­jours soupeser les incidences chaque fois que vous avez affaire

au discours analytique.

 

On parlait hier soir de ceux qui ne peuvent pas dire, s'exprimer : des obstacles, de la résistance

à proprement parler du discours.

 

Cette dimension est essen­tielle pour rapprocher

de ce rêve un autre rêve qui est emprunté à

la dernière page du journal de TROTSKI, à la fin de son séjour en France, au début de la der­nière guerre, je crois, rêve qui est une chose singulièrement émouvante.

 

C'est au moment où…

peut-être pour la première fois

…TROTSKI commence à sentir en lui les premiers coups de cloche de je ne sais quel fléchissement de

la puissance vitale si inépuisable chez ce sujet.

 

Et il voit apparaître dans un rêve son compagnon LÉNINE qui le félicite de sa bonne santé, de son caractère impossible à abattre.

 

Et l'autre…

d'une façon qui prend sa valeur de cette ambiguïté qu'il y a toujours dans le dialogue

…lui laisse entendre que peut-être cette fois, il y a en lui quelque chose qui n'est pas toujours au même niveau que son vieux compagnon lui a toujours connu.

 

Mais ce à quoi il pense, ce vieux compagnon ainsi surgi d'une façon si significative à un moment critique, tournant de l'évolution vitale, c'est à le ménager.

 

Et voulant rappeler quelque chose qui précisément se rapporte au moment où lui-même, LÉNINE, a fléchi dans son effort, il dit pour lui désigner ce moment où

il est mort : « le moment où tu étais très, très malade », comme si quelque formulation précise de ce dont il s'agissait devait par son seul souffle dissiper l'ombre en face

de laquelle le même TROTSKI, dans son rêve,

à ce même tournant de son existence, se maintient.

Eh bien, si d'une part, dans cette répartition

entre les deux formes affrontées :

- ignorance émise sur l'autre,

- qui lui est imputée,

…comment ne pas voir qu'inver­sement il y a quelque chose là qui n'est pas autre chose que l'ignorance

du sujet lui-même qui ne sait pas :

- non seulement quelle est la signification de son rêve, à savoir tout ce qui lui est sous-jacent, ce que FREUD évoque, à savoir son histoire inconsciente, les vœux anciens, mortels, contre le père,

- mais plus encore quelle est la nature de la douleur même à laquelle, à ce moment-là, le sujet participe, à savoir cette douleur… dont en en cherchant le chemin et l'origine nous avons reconnu cette douleur éprouvée, entrevue dans la participation des derniers moments du père …de l'existence comme telle, en tant qu'elle subsiste

à la limite, dans cet état où plus rien n'en est encore appréhendé, le fait du caractère inex­tinguible

de cette existence même et la douleur fondamentale

qui l'accompagne quand tout désir s’en efface, quand tout désir en est évanoui.

 

C'est précisément cette douleur que le sujet assume, mais comme étant une douleur qu'il motive elle aussi absurdement, puisqu'il la motive uniquement de l'ignorance de l'autre, de quelque chose qui, en fin de compte, si on y regarde de très près n'est pas plus un motif de ce qui l'accompagne comme motivation, que le surgissement, l'affect dans une crise hystérique qui s'organise apparemment d'un contexte dans lequel il est extrapolé, mais qui en fait ne s'en motive pas.

 

Cette douleur, c'est précisément de la prendre sur lui que le sujet s'aveugle sur sa proximité, sur le fait que dans l'agonie et dans la disparition de son père, c'est quelque chose qui le menace lui-même, qu'il a vécu et dont il se sépare actuellement par cette image réévoquée, cette image qui le rattache

à ce quelque chose qui sépare et qui apaise l'homme, dans cette sorte d'abîme ou de vertige qui s'ouvre à lui chaque fois qu’il est confronté avec le dernier terme de son existence.

 

C'est-à-dire justement ce qu'il a besoin d'interposer entre lui et cette existence, dans l'occasion un désir.

 

Il ne cite pas n'importe quel support de son désir, n'importe quel désir mais le plus proche et le plus urgent, le meilleur, celui qu'il a dominé longtemps, celui qui l'a maintenant abattu.

 

Il le faut faire - pour un certain temps - revivre imaginairement, parce que dans cette rivalité avec le père, dans ce qu'il y a là de fond de pouvoir dans le fait que lui triomphe en fin de compte, du fait qu'il ne sait pas, l'autre, alors que lui sait.

 

Là est la mince passerelle grâce à quoi le sujet ne se sent pas lui-même directement envahi, directement englouti, parce que ce qui s'ouvre à lui de béance,

de confrontation pure et simple avec l'angoisse de la mort, telle que nous savons en fait que la mort du père, chaque fois qu’elle se produit, est pour le sujet ressen­tie comme la disparition - dans un langage plus grossier - de cette sorte de bou­clier, d'interposition, de substitution qu'est le père, au maître absolu, c'est-à-dire à la mort.

 

On commence de voir ici s'esquisser une sorte de figure qui est constituée par quoi ?

La formule que j'essaye de vous présenter comme étant la formule fon­damentale de ce qui constitue le support, le rapport intra-subjectif essentiel où tout désir comme tel doit s'inscrire.

 

C'est sous cette forme la plus simple, celle qui est inscrite ici, ce rapport séparé dans le rapport quadrilatère, celui du schéma L, celui du sujet

au grand Autre pour autant que ce discours

partielle­ment inconscient qui vient du grand Autre vient s'interposer en lui.

 

La tension a -a', ce qu'on peut encore sous certains rapports appeler la tension image de (a) par rapport à (a’), selon qu'il s'agit du rapport a -a' du sujet à l'objet, du rapport image de (a) par rapport à l'autre, pour autant qu'elle structure ce rapport.

 

C'est justement l'absent qui comme étant caractéristique du rapport du désir sur le rapport du sujet S,

avec les fonctions imaginaires, qui est exprimé

dans la for­mule Sàa, en ce sens que le désir comme tel, et par rapport à tout objet pos­sible pour l'homme, pose pour lui la question de son élision subjective.

 

Je veux dire qu'en tant que le sujet, dans le registre, dans la dimension de la parole en tant qu'il s'y inscrit en tant que demandeur, à approcher de ce quelque chose qui est l'objet le plus élaboré, le plus évolué…

ce que plus ou moins adroi­tement la conception analytique nous présente comme étant l'objet de l'oblati­vité, cette notion, je l'ai souvent souligné, fait difficulté, c'est à celle-là que nous essayons nous aussi de nous confronter, que nous essayons de formuler d'une façon plus rigoureuse

…le sujet, pour autant que comme désir…

c'est-à-dire dans la plénitude d'un destin

humain qui est celui d'un sujet parlant

 

…à approcher cet objet, se trouve pris dans cette sorte d'impasse qui fait qu'il ne saurait l'atteindre lui-même, cet objet comme objet, qu'en quelque façon en se trouvant lui comme sujet, sujet de la parole, ou dans cette élision qui le laisse dans la nuit

du trau­matisme, à proprement parler dans ce qui est au-delà de l'angoisse même, ou de se trouver devoir prendre la place, se substituer, se subsumer sous

un certain signifiant qui se trouve…

je l'articule purement et simplement pour l'instant, je ne le justifie pas puisque c'est tout notre développement qui doit le justifier, et toute l'expérience analytique est là

pour le justifier

…être le phallus.

 

C'est de là que part le fait que dans toute assomption de la position mûre, de la position que nous appelons génitale, quelque chose se produit

au niveau de l'imaginaire qui s'appelle la castration et a son incidence au niveau de l'imagi­naire.

 

Pourquoi ?

 

Parce que le phallus, entre autres…

il n'y a que dans cette pers­pective que nous pouvons comprendre toute la problématique

qu'a soulevé le fait, véritablement à l'infini,

et dont il est impossible autrement de sortir

…la question de la phase phallique pour les analystes,

la contradiction je dirais, le dialogue FREUD-JONES sur ce sujet, qui est singulièrement pathétique…

 

Toute cette sorte d'impasse où JONES entre…

lorsque se révoltant contre la conception trop simple que se fait FREUD de la fonction phallique comme étant le terme uni­voque autour de quoi pivote tout le développement concret, historique, de la sexualité chez l'homme et la femme

…met en valeur ce qu'il appelle les « fonctions de défense »

liées à cette image du phallus.

L'un et l'autre en fin de compte disent la même chose,

ils l'abordent par des points de vue différents.

 

Ils ne peuvent se rencontrer assurément faute

de cette notion centrale, fondamentale, qui fait que nous devons concevoir le phallus comme, dans cette occasion, pris, soustrait si l'on peut dire, à la communauté imaginaire, à la diversité, à la multiplicité des images qui viennent assumer les fonctions corporelles,

isolé en face de toutes les autres dans cette fonction privilégiée qui en fait le signifiant du sujet.

 

Éclairons encore plus ici notre lanterne et disons ceci, qu'en somme sur les deux plans, qui sont :

le premier plan immédiat, apparent, spontané

qui est l'appel…

 

- qui est « au secours ! »,

- qui est « du pain ! »,

- qui est un cri en fin de compte,

- qui est en tout cas quelque chose où, de la façon la plus totale, le sujet est iden­tique pour un moment à ce besoin

 

…tout de même doit s'articuler au « niveau quésitif »

de la demande qui se trouve, lui, dans le premier rapport, dans l'expérience entre l'enfant et la mère, fonction de ce qui est articulé et qui sera de plus en plus articulé bien sûr dans le rapport de l'enfant et de la mère, de tout ce qu'il lui substitue de l'ensemble de la société qui parle sa propre langue.

 

Entre ce niveau et le « niveau votif », c'est-à-dire là où le sujet, tout au cours de sa vie, a à se retrouver, c'est-à-dire à trouver ce qui lui a échappé parce qu'étant au-delà, en dehors de tout, la forme du langage

de plus en plus et à mesure qu'elle se déve­loppe …laisse passer, laisse filtrer, rejette, refoule de ce qui d'abord tendait à s'expri­mer de son besoin.

 

Cette articulation au second degré, c'est ce qui…

comme étant justement modelé, transformé par sa parole, c'est-à-dire cet essai, cette tentative de passer au-delà de cette transformation même

…c'est cela que nous faisons dans l'analyse.

Et c'est pourquoi on peut dire que, de même que tout ce qui réside de ce qui doit s'articuler au niveau quésitif est là au A :

- comme un code pré-dé­terminé, combien préexistant à l'expérience du sujet,

- comme étant ce qui dans l'Autre est offert au jeu du langage, à la première batterie signifiante que le sujet expérimente pour autant qu'il apprend à parler.

 

Qu'est-ce que nous faisons dans l'analyse ?

Qu'est-ce que nous rencontrons ?

Qu'est-ce que nous reconnaissons lorsque nous disons que le sujet en est au stade oral, au stade anal, etc. ?

 

Rien d'autre que ce qui est exprimé sous cette forme mûre dont il ne faut pas oublier l'élément complet : c'est le sujet en tant que marqué par la parole

et dans un certain rapport avec sa demande.


Date: 2016-03-03; view: 512


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