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Une économie précocement tertiairisée

 

A la veille de la Première Guerre mondiale, le tertiaire apparaît comme le secteur le plus dynamique de l’économie, notamment grâce aux transports, à la distribution et aux services personnels (Dormois, 1994). La productivité des services surpasse celle de l’industrie. De même, la productivité par employé dépasse, en 1913, celle des Etats-Unis dans les services financiers, le commerce et les services personnels. La Grande-Bretagne brille dans les transports ferroviaires. En 1910, le Royaume-Uni dispose de 36200 kilomètres de voies ferrées (10% de moins que la France), mais avec un capital investi d’un tiers supérieur à celui immobilisé en France. Quatorze compagnies concurrentes gèrent le réseau, dont les plus profitables rayonnent en étoile autour de Londres (Great Western, London and North Western, North Eastern, Midland). La relative concentration du réseau, sa forte capitalisation favorisent efficience et rentabilité : en 1913, les chemins de fer britanniques proposent des services réguliers, de bonne qualité, sans pour autant bénéficier de subvention publiques.

 

La flotte marchande incarne plus encore la puissance britannique, maîtresse des mers (vide infra). En amont elle fait vivre les plus grands chantiers navals du monde. A l’aval, elle assure une clientèle importante aux compagnies d’assurances de la cité (Lloyds, vide supra, Royal Exchange, Sun). Elle contribue donc beaucoup à l’essor des services financiers (banque, assurance, etc.), de plus en plus tournées vers l’étranger. Le Royaume-Uni domine aussi les activités de communications. Le General Post Office (GPO) constitue, en 1914, le meilleur service postal du monde. Le télégraphe britannique, nationalisé depuis 1870, avec un réseau de 120000 lignes achemine, en 1913, 94 millions de télégramme à l’année grâce au système Wheatsone-Cooke breveté en 1837, plus sûr, mais moins performant que la machine de Morse adoptée en Europe occidentale. Le téléphone, d’abord conçu comme inférieur au télégraphe, demeure du secteur concurrentiel jusqu’en 1896. En 912, le GPO rachète la National Telephone Company, son principal concurrent. En 1913, le Royaume-Uni, avec 731000 abonnés, égale la France et l’Allemagne réunies.

 

La banque anglaise constitue un autre point fort de l’économie (Crouzet, 1978). Depuis les années 1890, s’imposent les joints stock banks. Elles multiplient les agences, par croissance externe (voir chapitre 9), mais aussi pour drainer toujours plus d’épargne. Il s’ensuit une diminution forte du nombre de banques (66 en 1914 contre 168 à 1891). A la veille du conflit mondial, une vingtaine comptent plus de 100 agences, trois plus de 500 (Midlands, Lloyds et Barclays). Ces joint stock banks s’installent à Londres, bien que souvent d’origine provinciales : ainsi la Lloyds, fondée à Birmingham en 1765, mais d’origine galloise, s’implante dans la capital en 1884 et y transfère son siège en 1910. Il en va de même de la Midlands en 1895 et de la National Provincial dès 1864. Toutes ces banques sont des clearing banks, c’est-à-dire des banques de dépôts emploient leur fonds surtout en prêt à court terme aux entreprises, mais aussi en fonds d’Etats et, de moins en moins en lettres de change (voir chapitre 6).




 


Date: 2015-12-11; view: 101


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